vendredi 17 octobre 2008

un slam peut-être

tout ce que j'ai su de toi tout ce qu'il y avait de moi
tout ce qui se pourra tout ce qui sera c'est toi qui l'a
merci encore davantage pour les avantages
qui me voyagent quand je t'entends et quand je sens
moins de rage dans mon propre sang

je veille encore à l’écran j’entends encore mais
j’entends le son des hommes sans voix
et je me vois hurlant et j’attends
je souffle encore je vis d’abord mes choix
et j’ai choisi la voie de contournement
celle qui ceinture celle qui évite
et je lévite jusqu’au chemin d’asphalte
qui me donnera du plus loin de moi
des pistons gros comme des camions

(merci à toi, davidg.)

mercredi 8 octobre 2008

tous les arbres à deux

terrasse bon-air le coucher du jour
s'étoile dans les branches vides
entre un sapin et le jaune mélèze
et se soleillent tous les arbres
comme on ne les voit plus
tendus au sommet des nuages
offrant leur sève pour toute lumière
et des poèmes à leurs racines
que j’imagine jusqu’à toi
quand le monde se renouvelle


mais depuis l'automne débarqué
les arbres qu'on ne sait plus
sentent le vent d'hiver
et même si tous les arbres
tombaient entre nous deux
même si leurs feuilles
se tissaient pour refaire
le chemin d’asphalte jusqu’à nous
il n’y aurait encore que coupe à blanc
car c’est tout l’été qui s’est effondré
et dans le chaos des années
c’est l’hiver qui nous a perdus


(d'après un texte de 1999)

dimanche 10 août 2008

transcendance quotidienne

on n’a qu’à vivre le roulement lent
des saisons dans leur cycle de jours
pour s’enrouler le moi à la route
quand d’aventures on se perd à soi
parmi les autruis de fortune
quand on se reprend enfin
on s’apprivoise mieux encore

et la boule de soleil charriera
la neige de l’automne vif
dans ses rafales de lumières
jusqu’aux torrents du printemps
jusqu’aux frontières du monde
et nos secousses intimes
se recycleront du temps
dans une caboche neuve

(2003)

jeudi 17 juillet 2008

peau de pierre

[...]

corps de cuivre peau de pierre
je sculpte encore à la nuit
une galerie de statues intérieures
j'habite les silences de la terre
aux replis brusques des forêts
et la mémoire fait une racine au monde

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naïade


les strates de l'ardoise fossile
les replis brusques des forêts
le soleil métal des courbes franches
quatre saisons aux mains folles
avec au front les paumes lasses
et les poussières d'une éternité féconde
dans l'iris d'une lumière d'être


(poèmes offerts à edmond laliberté
sculpteur d'ardoise - publiés visa-art 2000)

samedi 21 juin 2008

voici l'été!


quelle joie que d'ouvrir cette saison au siboire
avec ce cher ami revu trop peu souvent
la micro-bière fut d'autant plus savoureuse
qu'elle était partagée en savoir de tête
et savoir boire en bouche
belle terrasse belle lumière belle visite impromptue
merci à toi

mardi 10 juin 2008

étourdie de toi

étourdie de printemps
après des lunes entières
de réclusion noctambule
je salue d'un chant de vie
chaque détour où tu te profiles
je dessine des perles à ta peau
et des astres neufs à tes yeux
quand par devers moi tu surgis
c'est à ton coeur que je souris
c'est à tes lèvres que je me romps
et je tangue à mesure de ces mots
où nous déferlons

(2005)

dimanche 18 mai 2008

semaine 6 - et viendra le silence

douze mai jour de revenus canada
et quelques dettes à prévoir rembourser
au moins un peu de vivant en vingt-quatre heures
avec scotch et guiness avec l’ami lavagulin
tout à fait heureuse de ce retour des verres

mardi premier centre jardin
petit bonjour aux fleurs en caissettes
achat de lupin coréopsis et pavots alpins
pétunias violets en cascades

et pour célébrer l’été
début de bière cream ale d’été
et promenade de lac des nations
sensations d’inutile beauté
quand l’écriture se fait plus rare…


les jardins d’internet
pour tout savoir du compagnonnage
des herbes des fleurs des âmes végétales
des concoctions des sirops et des tisanes
je choisis le silence des yeux quand il pleut

un écogeste pour sauver le monde :
tous les coquillages de mer et de fleuve
se sont enguirlandés pour décorer les alentours
au lieu de remplir des paniers inutiles
vive le vent qui les enchante