dimanche 18 mai 2008

semaine 6 - et viendra le silence

douze mai jour de revenus canada
et quelques dettes à prévoir rembourser
au moins un peu de vivant en vingt-quatre heures
avec scotch et guiness avec l’ami lavagulin
tout à fait heureuse de ce retour des verres

mardi premier centre jardin
petit bonjour aux fleurs en caissettes
achat de lupin coréopsis et pavots alpins
pétunias violets en cascades

et pour célébrer l’été
début de bière cream ale d’été
et promenade de lac des nations
sensations d’inutile beauté
quand l’écriture se fait plus rare…


les jardins d’internet
pour tout savoir du compagnonnage
des herbes des fleurs des âmes végétales
des concoctions des sirops et des tisanes
je choisis le silence des yeux quand il pleut

un écogeste pour sauver le monde :
tous les coquillages de mer et de fleuve
se sont enguirlandés pour décorer les alentours
au lieu de remplir des paniers inutiles
vive le vent qui les enchante

dimanche 11 mai 2008

semaine 5 - recoudre les potagers

cinq mai cinqo de mayo oliviero
telefono bongiorno alleluia capiche
bonne fête olivier
journée couture et navigation camions

un écogeste pour sauver le monde :
je récupère des tissus pour des sacs
sac d’été sac d’épingles à linge
j’ai hâte à la machine à coudre
de vente de garage
et puis c’est aux grosses vidanges
que je l’ai trouvée, au bord du trottoir

semaine dehors-dedans
arbustes bleuets à tailler ronces à déterrer
planifier travaux de sous-soleuse et labours
faire des murs poser laine et feuilles alu
finir la poche d’épingles à corde

samedixmai jour de joie automobile
youppi, fini le bruit et le pneu qui coule
vive l’autoroute et cinquante kilomètres
à perte de vue et bonjour à renelle

dimanche des mères
bonjour bonne fête au téléphone
travaux d’aménagement de rocaille
et framboisiers et potager quelque peu
vive les bacs individuels

dimanche 4 mai 2008

semaine 4 - mai sur court


un dimanche vingt-sept
jour boulanger farine la milanaise
jour potager semis en terre pleine
jour habillement gros sacs à donner
et voilà nadal qui défait federer
ma première terre rouge de monte carlo

mercredi en séries
les fêtes celtes de printemps beltanes
les canadiens en détresse
et karaoké au magog

jeudi premier
jour de rendez-vous nouvelle-vie
statut admissible – bel enthousiasme
et assez d’urgence d’aventures
pour rouler jusqu’au bout
de tous les pays n’importe quand
tant que ce sera en camion

un écogeste pour sauver le monde :
jour de démarches en char prêté
le chat la bouffe loin les voisines – économiser
merci andré – pour les libertés de transport
et puis un peu de tennis ;-) et puis
je ne suis pas allée - un jeudi (!)
aux beaux bistros où l’on se dépense
ai choisi le vendredi de fin de semaine

vendredi
je sais où je serai le dix-sept juin à dix-neuf heures
j’ai parlé à charlesbourg me suis inscrite
…à east-angus, je serai à m’informer camion
nadia ! enfin, au téléphone ;-)

un écogeste pour sauver le monde :
je perds today des crédits d’environnement
pour exhalement de silencieux
mais j’ai fait réparer mon pneu


samedi d’asbestos
merci à renjun pour le pick-up rouge
j’ai bien cru manger du courage
et de la force dans l’amitié
ça fait du bien

un écogeste pour sauver le monde :
roch a reçu aujourd’hui de mon talent
enfin, ma joie qu’il fut parti au chaud
voici une paire de jeans un fil à broder
et tout un poème qui s’écrit :

voici, au nom des voyages
accomplis en hot louisiane
l’emblème tabasco repiquée
sur la face rebondie des amitiés


dimanche d’automne égaré
pas de pool pas de centre-ville ni de forêt
je couds des tissus et je téléphage
je m’occupe aussi de compagnonnage
entre les légumes bientôt à babysitter

dimanche 27 avril 2008

semaine 3 - foret neuve

lundi grande ruche pour manger en forêt
et puis c’était même pas cher, le bio
assez de recettes pour la pleine nature,
pour rien finalement de court terme
et l’épicerie à pied, encore c’est juste à côté
y ai vu hélène, avait l’air bien, pressée
j’aurais dû lui demander pour les têtes-de-violon

un écogeste pour sauver le monde :
je n’ai pas utilisé mon char
mais il meurt sur l’asphalte
j’ai cette bouteille de vin
que je n’ai pas ouverte

22 deuxième jour sanzandré
hey je dépends du transport des autres
deux jours hein sans forêt
encore de la neige, il reste chez lui
je lave je cuis j’écris – jours impromptus
jour de la terre aujourd’hui
et je chauffe en ville la corde à linge

j’étais démunie en fait sans forêt d’andré
deux jours entiers, à déjà penser ailleurs
c’est pas bon ça, c’est la folie, je vous le dis
et j’ai pas trois dollars dix - fois deux pour le bus
sinon je serais autonome

un écogeste pour sauver le monde :
j’ai séché sur la corde de ville quelques tissus
je n’ai pas usé de mon char pour aller là-bas
j’ai recyclé quelques vêtements, ils s’empilent
mercredi nuit j’écris


jour de la terre, hier – jour d’écorces d’arbres

alors voilà la zone baptiste adjacente
et les marais-lacs visités : y ai vu
les piquants de l’aubépine les fossés de terre noire
les quenouilles à cueillir manger et empoter
pas beaucoup de champignons d’habitude
la butte toute sèche et toute cette fardoche à couper
dommage pour les cherry choke à grappes
et puis beaucoup de moustiques sont à prévoir
j’ai aussi revu le vérâtre tabac du diable
de la clintonie et le guide fleurbec du printemps
ma réserve de bourgeons de tussilage s’annonce bien
ai fait goûté deux centimètres de farfara sauté
aux voisines prudentes

un écogeste pour sauver le monde :
j’ai identifié l’amélanchier qui toffe sur argyll
les plants de fraises sont dégagés
j’ai l’intention de semer molène, mauves et lupins
en plus de quelques légumes grimpants

jeudi en bas canadiens shooters
faut fêter ça et puis c’est jeudi
mon ordimages est réparé
heure du lunch terrasse de soleil
ai revu la république macintosh
fort contente

un écogeste pour sauver le monde :
j’ai marché cinq minutes plus vite
jusqu’à la rue des dimanches

vendredi naze petits ouvrages
internet couture sport télé lectures potager
le soleil reste tellement parfait

un écogeste pour sauver le monde :
j’ai taillé les églantiers, les ai replantés au hasard

samedi flyers au magog en série
un écogeste pour sauver le monde :
j’ai taillé le lilas et marché les trottoirs des arbres
j’ai bien vu leurs bourgeons sur fond de ciel
et les vertèbres végétales de leurs poumons
merci au covoiturage des amitiés sylvestres

dimanche 20 avril 2008

semaine 2 - avril dehors

quatorze, au contraire de l’an dernier
il fait presque tiède dans le soleil
sans autant de vent pour sécher une peinture d’auto
il fait cinq degrés à tous mes sens
et à anouk je pense

le regard vague et des bras qui vaquent au principal
cette semaine verra la terre et les écorces de la croûte
tandis que ma voiture se dessèche et que montréal
se médiatise la simplicité volontaire
et que je répugne à vendre mon auto

un écogeste pour sauver le monde :
l’épicerie lourde de farine et de patates s’est faite à pied
je m’imagine quand même à montréal sur mont-royal
complètement absorbée dans ton anniversaire

un quinze d’avril
info législation et revenu et santé provinciale sociale
il n’est pas illégal de n’avoir pas de carte de maladie
il faut pourtant payer selon son revenu imposable
d’improbables surplus de médicaments publics
je me questionne donc sur la loi et du comment
toute approbation de nourriture soutient toute l’économie
et comment il faudrait en être indépendant
en achetant bio-en-dedans-de-cent-milles-en-tout-temps

un écogeste pour sauver le monde :
j’ai marché une forêt pendant des heures
j’ai vu une maison rotative à daily planet
j’ai covoituré en partage de priorités
j’ai cuit trois pains


seize, un mercredi rockmotosport
adieu l’auto, je renonce aux conglomérats de pétrole
mio cinquante, orange de l’année des impôts
parce que nos courbes s’agrémentent
en dedans de l’au-delà de deux mille dollars

jeudi de première ronde
comment sustenter la relation sociale de série canadiens
billard – sourires – mots d’esprit – sincérité intense
et mille mercis aux alcools offerts

le proverbe chinois de suzanne
«si tu veux être heureux une journée, soûle-toi la gueule
si tu veux être heureux une semaine, marie-toi
si tu veux être heureux toute ta vie, deviens jardinier»
j’ai hâte que ça fonde

un écogeste pour sauver le monde :
même n’écorcer qu’une croûte embellit l’univers
quand les maisons se construisent de bois mort


samedi dimanche de terrain d’andré
voir : la disposition des cultures, ses projets de long terme
entendre : la chainsaw, les arbres, quelques oiseaux
goûter : la bière toute froide du tas de neige
respirer : la fumée du feu de croûte écorcée
toucher : la vie du printemps et les atlas fleurbec
faire : vivre résumer écrire bloguer
penser : à hervé à orford aux forêts de fougères
avoir : le hasard de jaser avec bambi, le chevreuil du printemps
être : sereine et d’espoir, pour tout le reste du monde

un écogeste pour sauver le monde :
j’ai cueilli des boutons de tussilage pour les tisanes de rhume
j’ai récupéré les rameaux de bouleaux tombés sous la scie
et les bourgeons s’ébouillantent et les tulipes éclosent

lundi 14 avril 2008

semaine 1 - mémoire diesel

lundi sept du cinq de stoke
beau soleil tout le tour du balcon
tout billard tapant j’ai hâte aux semences
et rencontre doum le camion enthousiaste
et me surprend à rouler aussi loin qu’autrefois

mardi en huit
plus loin on regarde vers le passé
plus loin on regarde l’avenir
et moins on frime les amitiés

mercredi neuf soleil bref et voisinage
à force de réalisme je renonce à l’auto
souhaite récolter quelques dollars à investir
aussi même troquer les pièces pour un toit
je cherche le parfait véhicule en tout temps
sans dorénavant épuiser le pétrole

j’imagine les embrayages persévérants
même pas vite sur les routes de campagne
un moteur quatre temps sur trois saisons
oui, je cherche un scooter

jeudi dix – jour diesel
estimées les contraintes du transport au pétrole
revisités les vieux rêves de tous les permis
décidé de ce métier et rencontrer le cours possible
des routes et des chemins de nadia
et peut-être dimanche me voir encamionnée

vendronze – samedouze – anouk
l’idée d’allo-stop était parfaite
la simplicité volontaire de l’économie
je choisis le téléphone bonne fête encore
la télé du hockey a sauvé la série des soirées
et les plans potagers se bousculent

un écogeste pour sauver le monde :
je consomme sur le bras des autres
et profite de musique performée par d’autres
tôt ou tard il me faudra bien remballer mes univers

dimanche 6 avril 2008

ROULER SA BOULE – 1

(1re partie)

Dans l’antichambre des tables de pool s’échauffent aussi quelques baguettes, en proie aux esprits. Non pas qu’on en vienne aux coups durs aussi peu par habitude. On patiente à apprendre les angles et les longues vues, on mesure les forces, et sa propre violence. Parfois aussi un individu succombe. Ça s’est déjà vu un soir de dimanche. Personne n’a pu savoir quand l’instant se vit empoché.

Sur les murs de bois on entendait les langues saturer la musique. Les voix jouaient de la guitare, mais on ne sentait que le bruit. Et les yeux aussi, dans tous les coins. La circulation des corps en orbite autour des portes avait bien la densité des foules de groupies, ou d’un groupe de base du cégep. Il faisait en tous cas étranger d’avoir l’âge idéal en double. Du genre qu’on démasque à la moindre phrase.

L’unique intérêt résidait sans nul doute dans la craie des prénoms alignés au hasard sur l’ardoise noire du prévisible des énergies. Et combien de romans sauraient s’écrire à travers les bandes de tapis vert. Et comment ne rien percevoir de l’articulation des hanches du monde. Quand les craques du plafond et les raies de plancher se conjuguent aux éclairages glauques, un seul angle prévaut, celui des salives épaisses. Et les tapis de feutre se confondent aux printemps des gazons.


On raconte même qu’un soir, c’était un jeudi de fort vent; alors que les hauts murs beiges s’étaient même habillés de peinture... (à suivre)