(1re partie)
Dans l’antichambre des tables de pool s’échauffent aussi quelques baguettes, en proie aux esprits. Non pas qu’on en vienne aux coups durs aussi peu par habitude. On patiente à apprendre les angles et les longues vues, on mesure les forces, et sa propre violence. Parfois aussi un individu succombe. Ça s’est déjà vu un soir de dimanche. Personne n’a pu savoir quand l’instant se vit empoché.
Sur les murs de bois on entendait les langues saturer la musique. Les voix jouaient de la guitare, mais on ne sentait que le bruit. Et les yeux aussi, dans tous les coins. La circulation des corps en orbite autour des portes avait bien la densité des foules de groupies, ou d’un groupe de base du cégep. Il faisait en tous cas étranger d’avoir l’âge idéal en double. Du genre qu’on démasque à la moindre phrase.
L’unique intérêt résidait sans nul doute dans la craie des prénoms alignés au hasard sur l’ardoise noire du prévisible des énergies. Et combien de romans sauraient s’écrire à travers les bandes de tapis vert. Et comment ne rien percevoir de l’articulation des hanches du monde. Quand les craques du plafond et les raies de plancher se conjuguent aux éclairages glauques, un seul angle prévaut, celui des salives épaisses. Et les tapis de feutre se confondent aux printemps des gazons.
On raconte même qu’un soir, c’était un jeudi de fort vent; alors que les hauts murs beiges s’étaient même habillés de peinture... (à suivre)
jour de la terre
Il y a 16 ans
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